16 d’abril 2021

Réflexion sur le IIème Ordre de Sagesse: Grand Élu Écossais

 


REMARQUE LIMINAIRE

 

M

on objectif en rédigeant ce balustre n’est certes pas d’y consigner tous les enseignements et connaissances de ce grade, ce qui relève du travail personnel de chacun et du travail collectif en chapitre. Et bon nombre de livres permettent à chacun de trouver réponse à ses questions et d’approfondir ainsi le contenu du grade.

Ne s’agissant pas de réécrire de nouveau ce qui existe, je souhaite bien plus ouvrir des pistes de réflexion en situant le cadre du grade et en mettant en exergue certains points symboliques qui nous échappent parfois.

Je tiens aussi à préciser que je respecte toutes les convictions religieuses, philosophiques ou spirituelles de chacun qui ne regardent finalement que la conscience de chacun. Il reste que les Ordres de Sagesse de notre rite sont fortement empreints des traditions biblique et chrétienne, ce qui fit écrire à un de mes prédécesseurs que le rite moderne français était de forme chrétienne. Je reste profondément attaché à accorder l’importance d’un symbole au signifié et non au signifiant : si un enseignement bouddhiste ou musulman me plait, je peux l’accepter sans cependant me convertir à cette religion. Je pense qu’il faut savoir dépasser le cadre allégorique pour ne retenir que la substantifique moelle.

Ainsi, le conte des 3 petits cochons veut, en sa finalité, nous inciter à construire notre vie sur du solide même si c’est plus lent et demande plus d’efforts. Celui qui s’arrête à s’interroger si les 3 petits cochons ont réellement existé ou si des cochons peuvent bâtir une maison perd non seulement son temps mais le bénéfice de l’enseignement.

Qu’un enseignement soit qualifié de chrétien voire de christique n’exclut nullement qu’il ne puisse être suivi par un bouddhiste, un musulman voire un athée. De même, comme le soulignait notre TCF Fabrizio, la bible ou le GADLU font partie de notre tradition maçonnique française : on ne peut les soustraire mais il appartient à chacun le droit d’y réserver l’interprétation qu’il souhaite.

Je laisse donc à chacun de retenir de la tradition que j’expose ce qui lui convient ou de l’adapter à sa propre évolution et à ses convictions voire même de la refuser. Chacun reste libre et maître de son initiation.

De mon côté, je demanderai aux FF\ et au SS\ se sentant visés par certaines de mes incompréhensions personnelles que je pourrais exposer. Elles ne sont finalement nullement des critiques stériles mais des invitations à l’expression de positions différentes des miennes.

Alain DRUART

Vème Ordre – grade 9

Grand Conservateur du Grand Chapître Général Mixte de Belgique



CADRE CONTEXTUEL

du IIème ORDRE de SAGESSE

 

 

L

e Ier Ordre de Sagesse a mis une fin à l’histoire allégorique d’Hiram commencée en loge symbolique et il découle fort logiquement un total changement de contexte pour le IIème Ordre même si le récipiendaire reste toujours Joaben.

Le IIème Ordre de Sagesse, Grand Elu Ecossais, est souvent qualifié de grade de purification et de sanctification et on ne peut ignorer, en effet, son caractère biblique voire judaïque.

Il peut paraître étonnant – surtout si on se rappelle l’opposition des antients et des moderns – de voir en notre rite moderne français un grade dénommé Grand Elu Ecossais qui relèverait ainsi de l’écossisme. [1]

Il faut y voir, selon moi, non un rapprochement entre les rites mais un fondement par rapport aux origines de la franc-maçonnerie qui se situent en Ecosse et non en Angleterre.[2] A titre personnel, je partage l’avis de plusieurs auteurs sur l’influence templière en Ecosse pour la constitution de notre Ordre.[3]

Nous verrons qu’en cet Ordre de Sagesse où nous travaillons dans des voutes, le symbolisme biblique rencontre parfaitement le symbolisme templier.[4] On dépasse largement la première acceptation de judaïsme.

Bon nombre de récipiendaires sont déstabilisés par le contenu du grade, ne serait-ce qu’au niveau de la marche certes complexe. Il est d’ailleurs à souligner que c’est le récipiendaire lui-même qui demande directement son accession au grade et, de nouveau, avant de recevoir réponse, il est dûment tuilé pour le Ier Ordre.

La finalité de la réception concerne la découverte du temple mais surtout l’allumage du chandelier à 7 branches.

XXX


LA PURIFICATION

 

LA TABLE DES EPREUVES

L

e récipiendaire est mené vers la table des épreuves et on lui demande, d’une part, s’il a respecté ses serments maçonniques et d’autre part, s’il n’a en lui aucun sentiment négatif envers l’un ou l’autre frère, ce qui n’est pas sans rappeler certains rituels de réception au grade d’apprenti.

Il est à noter qu’un poignard lui est placé pointe sur le cœur et une hache sur la nuque. Le poignard nous rappelle bien entendu le grade précédent et la fin tragique d’ABIBALA. Si on reprend les questions formulées, on peut s’interroger si le récipiendaire n’est pas un nouveau ABIBALA ou s’il a, en effet, compris le message de JOABEN.

La hache reste un symbole fortement utilisé en mythologie. Transposant initialement la force du Tonnerre, elle devient ensuite un symbole important de puissance rituelle cristallisée par une autorité cérémonielle. Elle évoque ainsi l’emprise ou la puissance d’un pouvoir religieux.

Notre TCF René GUENON[5] expose que la hache s’identifie à un attribut divin qui détruit ce qui est nuisible pour laisser place à un renouveau. Quand la hache fend l’écorce d’un arbre, elle évoque aussi une pénétration spirituelle associée au mystère divin. Elle peut symboliser également une délivrance. Dans la mythologie grecque, Athéna naît du cerveau de Zeus grâce à l’intervention d’Héphaïstos, le dieu forgeron, armé d’une hache. Ceci n’est point sans relation avec notre Tubalcain. La hache signe parfois la colère divine, la foudre divine telle que nous la retrouvons à moultes reprises dans la bible, comme on peut le voir aussi dans l’iconographie indienne du dieu Shiva (ou Çiva), dont les attributs sont le trident et la hache. Mais cette agressivité vise à la destruction de forces néfastes pour engendrer un renouvellement ou pour rétablir un équilibre… Elle est donc l’outil de séparation par excellence : séparation des vices et des vertus, du bien et du mal, … Sur le plan maçonnique, la hache est ainsi en corrélation avec le maillet du Vénérable.

Notre récipiendaire, en son attitude, accepte donc d’une part à s’exposer à la foudre divine s’il se parjure mais surtout de détruire en lui par une séparation franche et brutale tout sentiment, tout élément, négatif. Le discernement et la séparation permettent une différenciation, qui, pensée et consciente, peut aboutir à la libération intérieure de l'être  individuel.

La hache soulève bon nombre d’interrogations pour les auteurs maçonniques puisque cet outil ne sert nullement aux tailleurs de pierre mais concerne le travail du bois [6]. Certains la rattachent dès lors à la franc-maçonnerie forestière.

Le 22ème grade du REAA soit Chevalier Royal-Hache en fait un symbole important, se revendiquant à la fois d’outil de châtiment mais aussi de celui de faire jaillir la lumière. Ce qui correspond parfaitement au concept développé à ce stade de la cérémonie. Elle implique aussi, à ce grade, la notion du sacrifice.


LES ABLUTIONS

Selon Jacky MILEWSKI [7] , les ablutions sont extrêmement importantes pour les juifs religieux et se réfèrent à un désir de purification de tout le corps et l’âme de l’être humain. Cette pratique se référait au code des Lévites. L’ablution des mains précède obligatoirement la bénédiction sur le pain (HaMotsi). Dans la Bible, Jacob, avant d'offrir un sacrifice à Béthel, ordonna à ses serviteurs de se laver. Moïse imposa l'ablution aux prêtres des Hébreux; ils devaient la pratiquer avant de remplir leurs fonctions dans le temple.

Fortement toujours usitées dans l’Islam mais déjà en les textes hébraïques, les ablutions confirment le souhait d’une purification du récipiendaire par une action rituelle à portée divine.

Dans le christianisme, la chair a été plus rigoureusement séparée de l'esprit que dans les autres religions, et la pureté de l'âme est le grand devoir du croyant. On n'y trouve l'ablution qu'à l'état de symbole : tel est, chez les catholiques, l'usage de tremper le bout des doigts dans l'eau bénite en entrant à l'église, et de porter au front une goutte de cette eau. Le baptême, l'aspersion de l'eau bénite, le lavement des pieds et celui des autels dans la semaine sainte, sont autant d'ablutions. Parmi les cérémonies de la messe, il y a une ablution des mains après l'offertoire, et deux ablutions après la communion, l'une avec du vin qu'on verse dans le calice, l'autre avec un peu d'eau et de vin qu'on répand sur les doigts du prêtre, et qui retombe dans le calice; elles sont destinées à entraîner les parcelles des espèces consacrées qui auraient pu adhérer pendant le sacrifice aux doigts de l'officiant ou aux parois du calice

On pourrait donc dire qu’avec la hache (foudre donc feu) puis les ablutions (eau), notre candidat se purifie par le feu et l’eau, ce qui n’est pas sans rappeler les deux baptêmes du nouveau testament censés également apporter un renouveau.

Nous noterons que l’accent est fortement mis sur la volonté d’éliminer tout sentiment d’inimitié envers un frère ou une sœur, donc finalement envers quiconque. Nous allons donc encore plus loin que l’enseignement du grade précédent où l’inimitié faisait certes partie intégrante de la vengeance mais aussi de la justice.

On rencontre ici l’importance d’une valeur qui nous sera souvent répété par la suite, celle du pardon.[8]


 


LE DELTA, bijou de l’architecte

 

O

n demande au candidat le delta mais comment pourrait-il en avoir possession. Selon plusieurs rituels et instructions, ce delta, en métal, était gravé du iod-he-vav-he et était porté en bijou par l’architecte Hiram. Il s’en défit – pour préserver le secret  – lors de son assassinat en le jetant au fond d’un puit.

Nous retrouvons ce delta en de multiples monuments de France mais également sur le fronton de plusieurs églises.

La recherche du candidat revient positive et il s’exclame que l’enseignement des maîtres est sauvé. Cet enseignement serait donc le tétragramme sur le delta, soit aussi le premier mot des maîtres. L’instruction du grade nous précise qu’il s’agit du nom du Grand Architecte de l’Univers. Il n’y a ici aucune équivoque : Jéhovah est le GADLU. Et je laisse à chacun le soin d’interpréter ceci. Pour nuancer notre réflexion, rappelons-nous que depuis la maîtrise, nous pouvons conclure que Jehovah (assimilé à Hiram) est mort et que l’objectif de ceci n’est point religieux mais initiatique soit se rapporte à l’évolution de l’Homme.

Détenteur du bijou de l’architecte soit de la Connaissance des Maîtres, Joaben peut continuer de poursuivre l’œuvre sur cette base, pour achever l’édifice. Cette connaissance sera placée sous le piédestal de la Science.

LA PIERRE DU IIème ORDRE



N otre TCF Pierre MOLIER [9] fait remarquer que cette pierre dite cubique tronquée ne correspond que très imparfaitement au rituel du IIème Ordre. En effet, dans l’instruction du grade fixée en 1785, il s’agit seulement d’une « pierre cubique » – pas de pointe donc, fut-elle tronquée – et la description des faces reste assez vague.


Le discours de l’Orateur, lu au récipiendaire à la fin de la cérémonie, donne quelques précisions en évoquant : une pierre d’agate taillée en forme quadrangulaire, sur laquelle il fit graver, à la face supérieure, le mot substitué ; à la face inférieure, tous les mots secrets de la Maçonnerie, et aux quatre faces latérales, les combinaisons cubiques de ces nombres, ce qui la fit dénommer pierre cubique.

Avouons-le, cette pierre reste mystérieuse en ses inscriptions : il serait impossible, dans le cadre de ce balustre, d’en exposer la signification. Aussi, à l’exemple d notre TCF Pierre, je vous reporte au livre de notre TCF Antoine CHÉREAU,  la Pierre cubique du IIe Ordre (1806). [10] Elle représenterait le contenu de toute la connaissance maçonnique.

Je laisse à chacun la poursuite de sa recherche sur les significations multiples de cette pierre en signalant simplement qu’elle est en relation avec la doctrine templière [11] et fait la liaison entre les sciences dites ésotériques telles que la kabbale, l’astrologie, la mytthologie …

 


LA TRUELLE

 

N

otre phase de purification se termine par trois onctions symboliques effectuées avec une truelle : les yeux, la bouche et le cœur.

La truelle prolonge la main guidée par l’esprit. Aussi, sa forme triangulaire fait penser à la trinité : Sagesse, Force et Beauté. Par ailleurs, l'éclair représentant le manche de la truelle représente l'irruption de la lumière dans les ténèbres qui fait resplendir "la gloire au travail". La truelle est un outil symbolique très important, un outil de fraternité amis aussi de réconstruction, qui sert à unir, à lisser et à consolider, donc à parfaire l’œuvre. Elle possède une vocation fraternelle et plaide pour l’universalité dans la différence. C’est l’union fraternelle dans la différence. La truelle sert à appliquer le mortier, mortier qui atténue les différence tel l’Amour universel.

L’expression « passer la truelle » signifie pardonner, ce qui rejoint mon propos sur le pardon. Une loge qui refuserait un pardon sincèrement demandé n’aurait rien compris à l’idéal maçonnique et perdrait ainsi tout son sens d’existence. Cette notion du pardon fut ignorée par ABIBALA qui se suicida. Refuser un pardon sincèrement demandé à un Frère, c’est nier l’essence même de notre Ordre, nier sa dimension fraternelle universelle et surtout être en total désaccord avec le contenu du Rite et principalement des dévoirs du IVème Ordre de Sagesse.

Ce n’est point sans rapport qu’en certains rites, la truelle complète l’instrumenta du Vénérable qui doit, en effet, exceller dans l'art de passer la truelle soit de guider ses frères vers le pardon afin de garder intacte la quiétude et l'harmonie de la loge.



DE LA PURIFICATION A L’UNION

 

A

près cette phase de purification, le récipiendaire est amené devant la table de l’Union mais union avec qui ?

La première union est celles avec ses frères et sœurs, ses nouveaux pairs, avec qui il est invité à partager le vin et le pain, ce qui en fait un compagnon selon l’étymologie du terme. Cette phase, à ce grade, est essentiellement humaine en rapport avec la fraternité et n’a aucune relation avec la religion.

Il est à souligner l’importance de l’union entre les initiés, les maçons, avant de songer à une quelconque alliance avec le divin ou le soi supérieur.

Sur un plan alchimique opératif, on pourrait qualifier l’œuvre de séparation-purification-union des principes. Tel est aussi le parallèle en alchimie spirituelle soit en le parcours initiatique : toute union est conditionnée à une purification préalable des éléments.

Reçu Grand élu Ecossais, notre candidat contemple alors le temple établi. Il a accès au saint des Saints où il est invité à allumer, selon un ordre bien précis rappelant les lévites, un chandelier à 7 branches.

Le chandelier à 7 branches

Diverses interprétations font autorité selon qu’il s’agit d’un symbole hébraïque (la ménorah), égyptien ou plus prosaïquement maçonnique. Le Chandelier qui possède 7 branches rappelle que dans toutes les traditions ce chiffre symbolise l’union entre le Ciel et la Terre (3 le chiffre du ciel + 4 celui de la Terre et ses points cardinaux). Il est le centre et indique le sens d’un changement après un cycle accompli et d’un renouvellement positif. Il reste, en tout cas, symbole d’alliance avec le divin. Le Chandelier à sept branches symbolise donc le point de rencontre entre deux mondes (matériel et spirituel). Ce changement de plan marque ce que peut être le Midi des Maçons cherchant à s’élever en spiritualité.

La ménorah traduit donc une alliance, évoquant celle passée avec Moïse [12] et en relation avec le tabernacle, soit  le sanctuaire transportable, qui représentait l’espace où se manifestait la présence de Dieu sur terre (Chekhina) et où se situait l’arche d’alliance. La Menorah symbolise donc la lumière divine qui se propage. Selon d’autres, les 7 lumières de la Menorah symbolisent les 7 jours de la Création de l’Univers et la lumière centrale serait le samedi. On croit également que les 7 lumières symbolisent les 7 cieux emplis de lumière de Dieu, ou encore la présence de Dieu avec 7 yeux qui veillent sur le Temple, ou encore le système planétaire, le soleil au centre et les planètes autour.

Il serait des plus intéressant de se pencher sur l’évolution entre le chandelier à 3 branches des loges symboliques à celui à 7 branches apparaissant à ce grade.

Pour la Kabbale, la Menorah est également le symbole de tout l’alphabet hébraïque. En effet, elle a 7 bras avec 22 bosses comme les 22 lettres de l’alphabet hébraïque. [13] ceci nous renvoie au mot du grade : Shem Ham Phorash signifie le nom explicite soit un nom caché de Dieu dans la Kabbale.

En résumant fortement, nous simplifierons en disant que le Shem Ham Phorash permet d’établir l’ordre angélique – mais aussi démoniaque – des 72 anges dont les légendes kabbalistes et occultistes déclarent que le nom 72 fois a été utilisé par Moïse pour traverser la mer Rouge et qu'il peut accorder plus tard aux hommes saints le pouvoir de chasser les démons, de guérir les malades, de prévenir les catastrophes naturelles et même de tuer les ennemis. [14] [15] Si ceci vous semble bien éloigné de la franc-maçonnerie, consultez alors les archives de l’Ordre des Chevaliers Elus-Cohen de l’Univers de MARTINES DE PASQUALLY et les rituels de théurgie qui en découlent.

Si notre grade comporte ce mot comme mot de passe, cela ne relève certes pas du hasard.


XXX


LES ENSEIGNEMENTS DU GRADE


Le tableau du grade nous livre plusieurs enseignements dont une première analyse confirme le caractère biblique voire judaïque : le buisson ardent de Moïse, les chiffres 3 5 7 9, la mer d’airain, un esclaire à 4 volées, l’autel d’alliance, … dont notre TCS Irène MAINGUY nous donne les explications des plus intéressantes. [16] Je vous renvoie donc à son livre qui pourra judicieusement éclairer votre recherche.

Mon propos, certes personnel, ne visera donc qu’à vous livrer une autre dimension dépassant le cadre judaïque initial.

De manière claire ou sous-entendue, ce grade accorde beaucoup d’importance à l’alliance qu’elle se traduise en premier par le buisson ardent ou ensuite, par la table d’alliance.

L’alliance avec Dieu [17] évoque inéluctablement l’arche d’alliance et donc le temple de Salomon censé l’abriter. Ceci n’est certes point sans rapport avec la gnose templière. En remarque liminaire, je préciserai en mise en garde que l’ordre du Temple a suscité un vif intérêt au sein du monde profane mais aussi du monde maçonnique engendrant bon nombre de fantasmes imaginaires, acceptés au 18ème siècle, puis rejetés. Dans ce souci d’écarter l’imaginaire, une part de la Vérité fut également sacrifiée. Disons-le franchement, nul aujourd’hui, pas même les francs-maçons du RER, ne peut se revendiquer aujourd’hui d’une filiation légitime de l’ordre du Temple.  Cependant, bon nombre d’historiens maçonniques s’accordent aujourd’hui sur le fait que les premières loges auraient vu le jour en Ecosse comme le souligne le document vidéo « La clef écossaise » [18]. Or la légende attribue à cette terre d’avoir été le lieu de refuge de plusieurs templiers suite à l’arrestation des membres de l’Ordre en France. Des édifices comme Rosslyn Chapel évoque ces échanges entre Chrétiens, francs-maçons et templiers.

LE TEMPLE DE SALOMON

Quel que soit le rite, toutes les loges symboliques charpentent leur travail sur le temple de Salomon : de sa construction à sa reconstruction en passant bien entendu par le théâtre du meurtre d’Hiram. L'agencement contemporain des temples maçonniques en France et dans le monde suit peu ou prou la même allégorie: celle du « temple de Salomon » tel que le relate le premier livre des Rois de la Bible (chap.5-6-7) ainsi que le deuxième livre des Chroniques (3 et 4).

Si le temple de Salomon reste la colonne vertébrale de la Franc-maçonnerie en symbolisant le lieu où se situent nos travaux, des cérémonies d’augmentation de salaire aux présentations de planches, il apparaît, sous le choix du nom de l’Ordre du Temple, qu’il fut sans doute l’objet de la mission première des fondateurs templiers qui, je le rappelle, sont restés 9 ans à Jérusalem avant de se consacrer à la mission attribuée couramment soit de protéger les pèlerins. Les faits historiques mettent quelque peu en défaut ce rôle premier de protection constituant la motivation de la création de l’ordre tel qu’on veut nous le faire croire et privilégie la thèse que la recherche était l’objet de leur départ à Jérusalem.

Les templiers firent , dans les ruines du Temple , une découverte remarquable , dont ils ne surent trop que faire au début : Il s'agissait de lambeaux de fragments d'écrits hébraïques dont le contenu devint très vite d'une importance décisive pour les chevaliers et pour toute l'histoire de l'ordre. Ces fragments furent remis à l'érudit Etienne Harding, cofondateur de l’Ordre cistercien, qui en fit la traduction et édita ainsi une bible, fort proche des textes kabbalistiques, que nous qualifierons pour le moins d’autre vision que le catholicisme institutionnel mais rassemblant les religions du livre.

Lorsqu’on analyse ces textes, fort proche des enseignements esséniens, on peut peut-être mieux comprendre pourquoi l’ordre du temple refusa de participer à l’inquisition contre les Cathares voire en furent les protecteurs.

Aussi, ma question : Pourquoi les fondateurs de la franc-maçonnerie ont-ils choisi aussi cet édifice du temple de Salomon faisant appel à l’ancien testament voire au judaïsme pour servir de cadre à leurs travaux ?

N’eut-il pas été plus judicieux de prendre un chef d’œuvre de l’époque, totalement dans la tradition chrétienne occidentale ou non religieux, comme par exemple Notre Dame de Paris. Si on admet la conception d’une origine maçonnique relevant des constructeurs de cathédrale, Notre Dame de Paris, construite par les compagnons du devoir et considérée comme le chef d’œuvre architectural des cathédrales devenait un choix bien plus logique pour la lignée du compagnonnage. Eh bien non, on prend pour cadre un temple des juifs. Non c’est délibérément qu’ils devaient transmettre  le lieu du secret dont ils avaient hérité. L’enseignement maçonnique du temple de Salomon dépasse largement les symboles de l’équerre et du compas ou de Jakin ou Boaz qui pouvaient figurer dans tout autre temple. L’important n’était pas là : ce sont bien d’autres symboles qu’il convenait de transmettre.

Ainsi, si on veut dépasser le stade de la formalité d’une maçonnerie pittoresque, il conviendrait de s’interroger, par exemple, de savoir ce que signifie réellement Jakin et Boaz lorsque nous y sommes placés ?

Quel que soit le rite, les grades d’apprenti et de compagnon ne servent qu’à préparer l’initié au sublime grade de maître et à son enseignement que seul l’initié réel pourra comprendre. Recevant le mot que le pittoresque maître limitera à « un droit de salaire », l’initié recevra l’héritage de l’enseignement templier et comprendra alors l’importance du temple de Salomon, le temple de iod-hé-vav-hé. Comme ses 9 prédécesseurs, il sera prêt à approfondir sa recherche en son temple maçonnique par les ateliers supérieurs qui feront de lui un chevalier. Soulignons enfin que Salomon est pour les trois religions monothéistes un grand et illustre personnage, roi - prophète et mage, alliant ainsi le temporel au spirituel, le royal au sacerdotal, soit l’union de Jakin et Boaz.

L’ARCHE D’ALLIANCE

Nous savons que ce symbole de l’union pactisée entre Jehovah et son peuple fut un élément clef de la quête templière. Un courant de pensée affirme même que les templiers auraient trouvé cette arche dans les ruines du temple de Salomon, l’auraient ramenée en France pour la cacher dans une forêt – la forêt d’Orient – qui n’est pas très loin de chez nous. Cette arche est constituée de bois d’acacia, vous savez, ce bois qui fut placé près du corps de notre maître assassiné et qui permit sa découverte. L’Arche d’Alliance "Aron" en hébreu, également appelée l’Arche de YHWH ou encore l’Arche du témoignage, était un coffre oblong, de bois recouvert d’or. Le mot ARON (Arche-coffre), provient de la racine "AR" signifiant Lumière et du suffixe "ON" signifiant la force; Soit ARON "La Force Lumière", ou "La Lumière qui est Force" !

Et souvenez-vous … Que demandez-vous ? La lumière ! Et vous recevrez en premier trois piliers : Sagesse, force et beauté. Beaucoup s’interroge sur le choix de ces trois qualités : on aurait en effet pu choisir l’humilité ou l’intelligence mais non. Beaucoup ignore que Sagesse, force et beauté sont les trois caractéristiques de l’arche d’alliance. L’apprenti intelligent déduira donc que la Lumière qu’il demande – ou plutôt la lumière qu’il est invité à rechercher en sa loge symbolique – c’est celle qui se caractérise par nos trois vertus soit l’arche d’alliance. Symbole de la tradition judéo-chrétienne, on concèdera qu’on peut en effet le retrouver au sein du parcours du régime écossais rectifié peut-être au sein du rite catholique irlandais, le REAA mais certes pas au niveau d’un rite qualifié de pur, authentique, laïc et non dogmatique, le plus ancien rite connu soit le rite moderne ou rite français.

Et pourtant, la révélation de l’arche d’alliance constitue le message essentiel du 2ème Ordre de Sagesse du Rite Moderne appelé Grand Elu Ecossais. Vous avouerez qu’il est pour le moins cocasse de voir nos seuls vrais et véritables grands maçons supérieurs, pittoresques robins des bois de l’athéisme, s’acharner à détruire nos bibles et les appellations GADLU de nos loges mais passer à côté de l’arche d’alliance, ô combien plus signifiante. Mais tant pour les templiers que pour les initiés, le trésor sans prix de l’Arche d’Alliance n’est pas un trésor terrestre ni une quelconque forme de richesse monétaire. Les trésors sans prix de l’Arche étaient la sagesse et les techniques spirituelles puissantes venant de Jésus, Moïse/Akhenaton et d’autres, ainsi que la vérité à propos de toute l’histoire de l’humanité.

Ceci ne rencontrait certes pas l’aval de la papauté. L’Église de l’Empire romain se rebiffe et contre-attaque avec les Inquisitions. Le petit clergé n’assimila que trop bien les nouveaux enseignements et les nouvelles mœurs qui en découlaient. Sauf que l’Église chrétienne, établie par l’Empire romain, dut constater qu’elle ne transmettait plus qu’un pâle reflet de la flamme provenant de la Lumière émanant de la sagesse et des techniques spirituelles de Jésus, dans son enseignement véritable. En principe, même une légère flamme suffit pour que les gens qui s’orientent vraiment spirituellement puissent atteindre l’Illumination, tellement la Lumière divine est puissante. Mais, ne peut atteindre un tel degré de Lumière que celui qui, dans sa vie courante, parvient à abandonner les désirs de richesse, de reconnaissance, de gloire, de pouvoir, de luxe, fomentés par l’ego. Tel fut sans doute l’origine du procès de la papauté envers les templiers. Le temps se répète toujours : hier, c’était la papauté catholique qui lançait les inquisitions, aujourd’hui c’est les papautés maçonniques qui le font oubliant ainsi la première mise en garde reçue : « ici tout est symbole » mais bien uniquement des symboles dont nous devons dépasser le stade du signifiant.

Mais si nous parlons d’alliance, on peut légitimement s’interroger sur quelle alliance on parle. L’arche d’alliance repose sur l’alliance entre l’homme, le juif plus particulièrement, et Jéhovah, son dieu. Il s’agit donc de la première ou ancienne alliance. Son importance pour le templier ou le maçon repose sur le fait qu’elle sert de fondement inévitable à la seconde ou nouvelle alliance établie, selon la doctrine, par le Christ [19], soit une alliance entre notre moi et notre soi supérieur, entre notre microcosme et notre macrocosme, ce qui dépasse largement le cadre religieux.

3 – 5 – 7 – 9

Les nombres 3, 5 et 7 nous sont connus depuis notre parcours en loge symbolique et voici que nous y ajoutons maintenant le nombre 9.

Dernier de la série des chiffres, le nombre 9 est également une référence du grade de Maître où il constitue le nombre de maîtres envoyés en recherche mais aussi la batterie du grade. Neuf fait partie des nombres les plus chargés de sens symbolique, il annonce à la fois une fin et un recommencement, une transposition sur un nouveau plan. Dernier des nombres de l’univers manifesté, il ouvre la phase des transmutations. Il exprime la fin d’un cycle, l’achèvement d’une course, la fermeture de la boucle. Dans la symbolique maçonnique le neuf est  symbole d’immortalité, le  cheminant avance sur la voie initiatique, de "Renaissance" en "Renaissance".

Nombre templier par excellence, iIl me parait inutile de vous rappeler les 9 chevaliers fondateurs de l’Ordre du Temple, les 9 provinces templières, la règle en 72 (9) points, ...

Quelques constats intéressants :

·         Leur somme donne 24 soit par réduction théosophique : 6, ce qui nous renvoie à Tiphereth et à la notion de l’éveil du moi – du christ selon la gnose – intérieur ;

·         Nous avons trois dispositions de 9 luminaires soit : le cube de 9 soit 729, ce qui donne 18 soit 9 ;

·         Lorsqu’on multiplie le nombre 9 par un autre nombre, la réduction théosophique est toujours égale à 9 ;

·         Il est le “triple-ternaire”. En tant que 3 + 3 + 3, le chiffre 9 évoque la puissance divine déployée : la Trinité qui s’exprime sur les trois plans de la matière, de l’homme et de Dieu. Élevé au carré, le 3 devient 9 (3 + 3 + 3) : on a là le ternaire dans le ternaire, l’ordre dans l’ordre, la perfection dans la perfection. Le 9 représente la totalité cosmique ;

·         Si neuf est chez Dante comme partout ailleurs le nombre du Ciel, il est aussi celui de Béatrice, laquelle est elle-même un symbole de l’Amour. [20]


CONCLUSION

C

e IIème Ordre de Sagesse termine quelque peu la phase uniquement maçonnique de notre parcours qui s’ouvrira alors à la chevalerie avec le grade suivant.

Il comporte des volets humanistes et spirituels et évoque l’Union sacrée, intérieure, qui doit être précédée d’une purification. De ce fait, certains auteurs [21] le qualifie de grade sacerdotal [22] : le grade de grand élu grand Écossais fait revivre au récipiendaire le sacrifice de Jacob et l’ordination sacerdotale d’Aaron. Travaillant ensuite sur le chantier du Temple, le récipiendaire découvre une voûte souterraine et secrète où est conservé le vrai nom de Dieu.

Sur ce point, le grade est parfaitement clair et ne souffre d’aucune autre interprétation : le nom du GADLU est JEHOVAH, n’en déplaise aux francs-maçons athées. [23]

Initiation sacerdotale fait référence, pour moi, à l’initiation sacerdotale selon l’Ordre de Melchisédech qui fut reprise par l’Ordre du Temple. [24] La bible nous enseigne [25], passage certes souvent occulté, que Jésus serait souverain sacrificateur pour toujours dans l'ordre de Melchisédech. Il est aussi curieux de constater que le premier partage du pain et du vin fut effectué par ce même Melchisédech. Mais ceci est une autre histoire …

Les thèmes essentiels du grade, la voûte souterraine, la pierre cubique en pointe, la découverte du delta, symbole de la parole perdue, … sont essentiellement les mêmes que ceux du 14ème degré du REAA.

SALOMON unit divers éléments de la connaissance, pour les fondre en un bloc unique, la pierre cubique en agate. On passe ici à l’union à l’unité, de l’union des Hommes à l’unité des valeurs. En effet l’un des objectifs des Maçons est de travailler à la réalisation de l’union des Hommes. Mais, sous des apparences vertueuses l’union peut cacher des objectifs contradictoires et même opposés. L’union peut aussi être faite dans un but pervers : les mauvais Compagnons assassins d’HIRAM ont réussi leur forfait car ils étaient unis. L’union ne peut être féconde que si elle tend à réaliser l’unité des valeurs, c’est à dire si elle travaille à l’adoption de valeurs universelles, valeurs portées par l’Humanisme maçonnique. Dans les rituels originaux, ce thème est illustré par la recherche de la connaissance et sa découverte, connaissance symbolisée par un bijou précieux qu’HIRAM aurait porté. Travailler à réaliser l’unité des valeurs, tel est aussi l’objet du 2ème Ordre.

Notons aussi en ce grade la mention de la « loi nouvelle », thème qui sera plus amplement développé au grade de Rose Croix, mais qui, ici, ne se rapporte clairement en aucune manière à la personne du Christ.

Les ressemblances entre MELCHISEDECH et JESUS sont multiples telles que les auteurs gnostiques l’ont écrit. Je ne peux aller plus loin mais soulignerai ceci : René GUENON [26] développa comme je l’ai souvent dit la notion d’une Tradition Primordiale, soit la vérité unique qui sous-tend, d'après lui, toutes les traditions spirituelles du cycle de l'humanité qui ne seraient finalement que des « traductions ». Pour Guénon, le point de jonction entre  cette tradition primordiale et la tradition hébraïque se serait matérialisé avec Melchisédech et ensuite, le point de passage entre l’ancienne alliance et la nouvelle, par Jésus mais aussi Notre-Dame. N’y a-t-il pas matière à réflexion ?

Mon expérience de TSPM m’a montré que le IIème Ordre de Sagesse restait souvent incompréhensible de la majorité des récipiendaires et de ce fait, son étude approfondie était souvent reléguée en arrière-plan. C’est sans doute une erreur car il comporte de profond enseignements sur le sens véritable de l’initiation maçonnique et nous ouvre de multiples pistes pour notre recherche.


[1] Pour rappel, l’écossisme désigne communément et actuellement le REAA qui n’est cependant pas d’origine écossaise mais bien américaine. Il désignait cependant au XVIIIème siècle, les hauts grades maçonniques.

[2] La constitution de la première obédience en Angleterre par 3 loges sous-entend l’existence préalable de ces loges donc de la franc-maçonnerie. Des rituels bien antérieurs furent d’ailleurs trouvés en Ecosse.

[3] Alain DRUART, les origines templières de la franc-maçonnerie

[4] L’instruction du grade mentionne les épopées templières , l’Ecosse et la Suède, lieu de fuite de l’Ordre du temple.

[5] René GUENON, les pierres de foudre

[6] Notons cependant, en certains rituels de loges bleues, la représentation de la pierre cubique surmontée d’une hache

[7] Jacky MILEWSKI, les ablutions des mains dans le judaïsme

[8] Et souvent oubliée par les francs-maçons : il suffit de le constater lors des procès-maçonniques

[9] Pierre MOLIER, article Antoine Chéreau, Pierre cubique du IIe Ordre

[10] Un exemplaire PDF est disponible sur demande

[11] Il est d’ailleurs curieux de constater la similitude entre l’alphabet maçonnique et les codes alphabétiques templiers

[12] « Tu feras un chandelier d’or pur; ce chandelier sera fait d’or battu; son pied, sa tige, ses calices, ses pommes et ses fleurs seront d’une même pièce » (Exode 25,31).

[13] Voir à ce sujet : Annick de SOUZENELLE, la lettre chemin de vie

[14] Robert AMBELAIN, la kabbale pratique

[15] Une magie découle de l’utilisation des 72 noms et fut enseignée par la Golden Dawn, Bacon, Matters et de nombreux occultistes.

[16] Irène MAINGUY, Symbolique des grades de perfection et des Ordres de Sagesse

[17] Au sens le plus large du terme

[18] La Clef écossaise est un film documentaire belge paru en novembre 2007 et signé Tristan Bourlard et François De Smet. Ses auteurs y exposent les théories les plus récentes concernant les origines de la franc-maçonnerie et s'appuient en particulier sur la piste dite de la « clé écossaise », développée à partir de 1988 sur la base des recherches de l'historien Robert L. D. Cooper

[19] Selon une autre acceptation que celle de la doctrine catholique

[20] René GUENON, l’ésotérisme de Dante

[21] Dont Pierre MOLLIER en son article « le IIème Ordre du Rite Français : un grade sacerdotal ? »

[22] Soit la transmission de connaissances secrètes

[23] Mais certes inexistants au XVIIIème siècle

[24] Jean-Pierre SCHMIT, l’initiation sacerdotale selon l’ordre de Melchisédech

[25] Hébreux 5: 6, 10; 6:20; 7: 1, 10, 11, 15, 17, 21

[26] René GUENON, le roi du Monde

10 d’abril 2021

Caliban and the Widow's Sons: Some aspects of the Intersections and Interactions between Freemasonry and Afro-Caribbean Religious Praxis

Eoghan Craig Ballard, Ph.D.

Très Sage et Parfait Gran Vénérable

Grand Master

Grand Chapter General of the Modern Rite for North America and the Caribbean 

Grand Lodge of the Mixed Modern Rite for North America and the Caribbean 


Abstract

After Freemasonry spread across the continent of Europe in the 18th century, it was inevitable that its influence should reach to Europe's colonial outposts, and none was more prone to react to the presence than the crucible of the Caribbean. Masonic lodges were founded in France's colony of Saint Domingue as early as 1738 in Les Cayes. While some elements within Freemasonry resisted the inclusion of African or Creole admission, it was not long before men of African descent entered the fraternity. Some of these men went on to hold leadership positions in the Haitian Revolution, the first successful Slave revolt to establish an independent Republic in the Americas and universal suffrage. It was inevitable, given the wide distribution of African inspired religious practice in the Caribbean, that Freemasonry would interact with African religions. Elements of Masonic symbolism reflect back from the graphic systems employed in Haitian Vodou and Afro-Cuban Palo, a religion of Congo origin. Hand gestures and ritual movements in the Asson tradition of Haitian Vodou have been credited with Masonic influence, and significant elements clearly identifiable as being of Masonic origin, comprise parts of the initiation rituals of Quimbisa, a religion of Central African origin in Cuba. However, we should not imagine that such exchanges reflect a single direction. Recently a former Grand Commander General  appointed to the Scottish Rite for Cuba, who is a practicing member of the Abakuá, a tradition originating in the Cross River area of Nigeria, and also one of the founding Babalawo's (a West African diviner)  of Cuba's internationally recognized Yoruba annual divination committee, which is viewed as religious guidance on three continents also was elected the Grand Master of the Grand Lodge of Cuba. In Haiti, a Masonic Rite was founded which invokes certain Lwa or spirits of Haitian Vodou, and such spirits are recognized throughout the now international community of Vodou religious praxis as Masonic spirits. One of Vodou's most iconographic spirits, Baron Samedi, the Lord over the dead in Haitian Vodou, unmistakably combines Masonic regalia with the iconic skull used in the initiatic Chamber of Reflection. Even in Brazil, which shares the Caribbean's strong African influences, the temples of Umbanda, a modern Afro-Brazilian faith, are replete with Masonic elements, and it is far from uncommon for freemasons in Brazil to also be initiates in Umbanda. This paper will explore many of the connections which Freemasonry has forged in the Caribbean and beyond, but which are rarely acknowledged.

Caliban and the Widow's Sons: Some aspects of the Intersections and Interactions between Freemasonry and Afro-Caribbean Religious Praxis.

Full fathom five thy father lies;
Of his bones are coral made;
Those are pearls that were his eyes:
Nothing of him that doth fade
But doth suffer a sea-change
Into something rich and strange.
(1.2.396-401), Ariel from the Tempest, by William Shakespeare

The Tempest was Shakespeare's venture into and marks perhaps the first major effort in the romanticism and exoticism to which the Caribbean has been subjected in Western literature. So it is perhaps a good point with which to begin to peek, however tentatively at one aspect of the new cultural forms which began to be forged in the New World. Nowhere in the New World was the blending of culture from various continents, most notably Africa and Europe more dramatic than perhaps in the Caribbean. Certainly, nowhere was the interaction between Western Esoteric traditions, in the guise of Freemasonry, and African religious practice destined to bear fruit as it was in the Caribbean.

It might be perhaps, surprising then, that so little attention has been given to these interactions, if it were not for the famous secrecy with which both the Freemasons and the followers of Afro-Caribbean religions cloak their rituals. In recent years, sympathetic academic attention has begun to be given to both subjects and slowly some aspects of the curtain which covers both has begun to be lifted. 

It should be kept in mind that members of both camps will have their reasons for remaining silent. Outside of Haiti and Cuba, and to a lesser degree Brazil, which although not Caribbean, shares some of the same cultural dynamics, Freemasons are unlikely to see any association or parallel with Afro-diasporic religious practice as beneficial to their craft. Among Haitians and Cubans who are practicing Masons as well as adherents to African derived religions, there are also reasons to remain silent. All will be aware of the fact that masons who are not involved in African traditions may frown upon them, and there is the wish to maintain international ties of regularity for the craft. All adherents of African derived religions are well aware of the low opinion in which outsiders hold African spirituality.

It cannot be denied however, that Freemasonry and African religions crossed paths early in the colonization of the Caribbean, and this contact has continued unabated. African religions of a wide variety of origins arrived in the Isle of Hispaniola with the first slaves, and were constantly reinvigorated with the arrival of each new slave who disembarked into what was for the African, a unique hell. Life in early Saint Domingue, the French colony which became Haiti, was short and brutal. As brutal as it was however, it could not eradicate the beliefs and practices of  Africans, although it forced them to adapt to changing circumstances. While most slaves may have worked in the fields, many had other occupations including working in businesses and in the homes of their captors, places which afforded them ample opportunities to observe the activities associated with European culture. The presence of secret societies in which apparently magical, hermetic symbolism was of great import, would not have been lost upon Africans, who had similar traditions. The establishment of Masonic lodges in the wealthiest American colony followed swiftly upon their establishment in France itself, and the records suggests that not only would Africans have been aware of them, but in some cases were to gain access to them as initiates.  Africans can be forgiven for assuming that Freemasonry sprung from African roots. After all, Freemasons themselves had intimated as much. The German Masonic organization, Afrikanische Bauherren, The African Builders, founded by Karl Friedrich von Köppen in the mid 1700s and the many versions of “Egyptian” masonry would have lent credence to such assumptions. (Bogdan and Snoek. 2014: 22)

The Masonic Historian Albert Gallatin Mackey, noted  that “Two Lodges under French control were authorized in 1749. Four others followed in 1763, 1765, 1767 and 1772, and a Provincial Grand Lodge was formed by the Grand Orient of France on October 1, 1778. Six additional Lodges chartered by the French were set at work in 1774, 1775, 1779, 1783, 1784 and 1785. The Grand Lodge of Pennsylvania granted a Charter for a Lodge in 1786 at Cape Francois, and another Warrant to a Lodge at Port au Prince in 1789. He went on to note that by 1851 Haiti could lay claim to no less than 80 lodges of which a North American was aware, and the likelihood is that there were at least double that number, if one does not apply sectarian standards for evaluating legitimacy. (Mackey, A. 1914: 320) 

Not only were a variety of French lodges established well before the Haitian Revolution, but no less than the most legendary of esoteric Freemasonic organizations to have ever existed, the Elús Coëns, represented, but their leader, Martines de Pasqually, settled in Port Au Prince in the final years of his life.

While in the twists and turns of Esoteric Masonic society, claims are made, by Haitians and non-Haitians alike, that the original Elus Coëns continue to practice in Haiti today, until I can find documentable proof, I will not conclude that what is practiced there under the guise of that name is other than Amberlain and Encause's late 19th century revivals of those practices. Regardless, a most visible practice of this tradition has been documented with public rituals unlike those found among  Martinist revivals elsewhere, replete with public displays of magical circles and huge outdoor bonfires, which whether their status should prove to be original or revival, certainly harks back in an impressive fashion to Esoteric Freemasonry of the 18th century. Ultimately, the source of such ritual may not be of primary importance for us, as they speak to the vibrant strength which African metaphysical influences lend to Masonic practice. (lecrocodiledesaintmartin. Cited on 11/25/2012)

The link between Esoteric and magical practice among Masons in Haiti, resulting in parallel connections in Haitian religion of African inspiration there is well established. As noted by Mimi Sheller, in her work, “Citizenship from Below: Erotic Agency and Caribbean Freedom,” (2012) Freemasonry had become a model for governing and for the elite male society which had control over Haitian institutions by the mid 19th century, citing various sources at the time, including the English Missonary, Mark Bird (1869;m 186) that “this institution is so widely extended in Hayti that it has become a distinct feature in Haytian society.” Sheller quotes Bird as stating there were about 1000 masons in Port au Prince alone, and similar percentages existed in second and third tier cities throughout the country. (Sheller. 2012: 160) Given that the population was estimated to have had a population of approximately 1,150,000 at about that time according to Aleksandr Vladimirovich Avakov's “Two Thousand Years of Economic Statistics” (Avakov. 2010: 21), this would represent a significant cultural influence, especially given it's distribution among the nation's elite.

Whatever we may conjecture about the character of Haitian Freemasonry in the mid 19th century, leaving aside the possible presence of a survival of the original Elus Coen, by the first years of the 20th century we can be certain that at least some significant intellectuals among the Haitian Elite had fallen under the spell of late 19th century esotericism. This would hardly be surprising, given that such ideas had gained significant currency among intellectuals in both English and French speaking circles in Europe, engendering the evolution of the Memphis Misraim masonic order, The Societas Rosicruciana in Scotia, Societas Rosicruciana in Anglia, as well as later, a North American version, The  Hermetic Society, the Hermetic Order of the Golden Dawn, Encausse's and subsequently Ambelaine's revival of Elus Coen and the new Martinist organizations, and a general popular fever for all things Egyptian. As others, most notably  Scott Trafton have noted, the popular discourse on Egypt touched powerfully upon matters of race and racial ideas of history. Such influences were felt strongly among communities of African origin and while they had an impact in the United States,  the stretch of such influences beyond North America has been little examined. Trafton is perhaps closest to explaining what should be the obvious reasons such territory has remained largely unexamined, certainly in public and masonic discourse, but perhaps until recently, equally avoided in academic circles, when he notes that these issues create a :

“radical interplay between black and white...a reciprocal relationship between intimate enemies; the figure of a terrestrial rupture,... a punctiform sign of colonial instability; the figure of the breach, read as a form of racialized anxiety; the figure of layered interiority, read alternately as a  concern with … radical improvization, as a strategy of antiracist resistance.” (Trafton. 2004: 9)

It may be helpful to view that the intersection of Afro-diasporic religious practice and Euro-American Freemasonry,  to paraphrase Trafton's observations concerning American Egyptomania, consists of  intersecting and overlapping webs of  practices used by differing groups in wildly inventive and often contradictory ways. (Trafton 2004: 9-10)

Significant documents were produced in Haiti, by Haitian elites, who clearly were involved in both esoteric spiritual practices and Freemasonry. Dr. Arthur Holly, the son of the first Anglican bishop of Haiti, considered himself an “ésotérist,” and wrote a number of articles and full scale books dedicated to a contemporary, ie, egyptian influenced esoteric interpretation of Haitian Vodou, linking it firmly with what he viewed to be Egyptian traditions.  David Nicholls sees parallels in Holly's Noirist politics and esoteric religious convictions and those expressed by the defrocked priest of the eglise episcopale, Jonathas William in Le bouc emissaire. (Nicholls. 1996: 154) Most noteworthy of these were his full length works, Les daïmons du culte voudo (1918) and Dra-Po (1928) represented two of the earliest extensive Noirist arguments in support of Vodou as a legitimate religious tradition and one which had been unfairly mischaracterized as evil and unsophisticated. Holly, in writing his books used as his esoteric nom de plume, Her-Ra-Ma-El and his logic throughout these works follows closely the analysis of Egyptian language and symbol, endeavoring to show relationships between Egyptian heiroglyphs and Haitian Vevers on the one hand, and with somewhat less success, between Egyptian and Hebrew words and the ritual language of Vodou.

Perhaps of greater significance than the extent to which his efforts may be deemed credible by contemporary academic standards,  is that he called attention in a very visible way to an unaware (and perhaps indifferent) public that there were educated Haitian esotericists, that they were clearly dealing with both the materia of Vodou and of Egyptian inspired and Masonic esotericism, and that documented efforts at uniting these exist. Some years later, Milo Rigaud, often regarded as an insightful Haitian ethnographer, and an inheritor of Holly's mantle, may well have had a role in the development of a truly esoteric form of Vodou, and that esoterically influenced Vodou, may in fact be what most consider traditional Vodou today – the modern Kanzo tradition of Temple Vodou.

We need to briefly note that there exist today two major forms of Haitian Vodou – What we call “Temple” Vodou, the Kanzo tradition, which we will see was created in the first decades of the 20th century, and Lakay or rural Vodou – which is more truly a family based tradition. Karen Richman,  notes the strong influence of Odette Mennesson-Rigaud's ethnographic interventions during the development of “Temple Vodou” which is the primary focus of contemporary depictions of Vodou. (Richman 2007. 371) For primarily academic impulses, Richman and others tend to ignore the significant influence Mennesson-Rigaud's husband, Milo Rigaud, a native Haitian member of the elite, also associated with the Haitian National Bureau of Ethnology, had on her own interests. Given that he wrote significant works on Vodou which sustained the influence of the Noirist influence esoteric approach to Vodou embodied in Holly's work, this should not be surprising. However, her influence over non-Haitian academics and the strength of her own writing can also account for the inattention Milo Rigaud receives today. It served however to disguise the influences of Masonic and Western Esoteric influences upon the developing forms of urban Temple based Vodou, which was certainly in keeping with the focus of the academic and political perspectices of the period.

In Milo Rigaud's most expansive work, “Ve-Ve: Diagrammes Rituels du Voudou”, a trilingual text which is grounded upon Holly's approach, Rigaud elaborates in a more modern and accessable style, the blend of Masonic esotericism with Vodou, ustilizing a focus upon the graphic system of Vevers (veves in Kreyol) which he equates with Egyptian hieroglyphs and by extention, western sigils, to articulate an esoteric approach to Vodou (1974). In this text he elaborates upon an earlier, more typically ethnographic text, “La Tradition Voudoo et Le Voudoo Haïtien (son Temple, Ses Mystères, Sa Magie) (1953) in which he provides a more expansive view of the religion. In this earlier text he details a simplified version of the esoteric ritual which is based upon the principles of Holly and his followers. What follows, in his sections entitled “La mode Opératoire”, “Recommendations”, and “Appendice” (162-177) represents a script for a Vodou invocation.  The rest of the text describes, in ethnographic guise, what he characterized as typical and traditional Vodou practice. What he does not deconstruct for us is the fact that the ritual forms he presents as traditional were those forms that were then in the process of being created, with significant external influence by the same Haitians who were hosting his wife's ethnographic visits, and serving as a base of operation and research for a variety of foreign academics, including among others, Herold Courlander and Maya Deren - those people who were responsible for creating the modern academic documentation of what we now view as Haitian Vodou.

Richman notes that “In his renowned mid-twentieth-century study of Haitian religions, Alfred Métraux wrote, 'The little I was able to see of rural Vodou convinced me that it was poor in its ritual compared to the Vodou of the capital... Vodou deserves to be studied not only as regards the survival of Dahomean and Congolese beliefs and practices, but also as a religious system born fairly recently from a fusion of many different elements' (Métraux 1972: 61). Métraux further asserted that 'the domestic cult is losing importance daily to the profit of the small autonomous cult groups which grow up around sanctuaries [and are] more numerous and prosperous in Port-au-Prince (Métraux 1972: 60-61).  The spectacular, codified styles of worship that were displacing the modest, suggested, urban innovations  and they were recent. Metraux unfortunately, did not develop his intriguing observation about the relationship of Vodou to modernity. Observers of Haitian popular religion have continued to intrpret Vodou as the authentic religion of Haitian peasants. (Richman. 371-372)

These observations combined with the omnipresent symbols of Freemasonry in the graphic symbols utilized in modern Vodou point to dynamic interaction between these traditions. Further evidence exists in esoteric Masonic rituals specifically referencing Vodou which have developed in Haiti and have been exported to the Haitian diaspora in North America and France. One example of this is the obedience and rituals maintained by Joël Duez Vichery. Vichery is active in Masonic obediences of Memphis Misraim and several orders descended from Ambelaine. This association of Haitian esoteric Freemasonry with the Liberal French esoteric obediences of Ambelaine argues for the possibility if not probability that any current Elús Coën in Haiti were based upon the late 19th century revival in France and not Pasqually de Martinez' original form, though I do not question the sincerity of those Haitians who maintain otherwise. Although not himself a Haitian, he has had strong ties to Haitian Masonic groups, most notably in the Haitian diaspora, including the GLNDC, in Canada. (from private communications with Emanuele Coltro. Sept. 2015) Ultimately, claims for an uninterrupted continuity of practice by a lodge of Elús Coëns operating in Southern Haiti since the time of Pasqually de Matinez, as alluring as they may be, are for us not so significant as the fact that there are groups that make the claim. Whether they date from the original Elús Coëns or from Encausse or Ambelaine's revival, they demonstrate an ongoing interaction between Freemasonry and Haitian spiritual traditions, most notably the various forms of Vodou, whether the denominations known as Assón (a tradition which is practically the sole focus of most modern academic writing on Haitian Vodou,  Deka Vodou, also referred to as Fran Vodou (the less thatrical practice of the rural practitioners upon which Deka is based), also referred to by the terms Makout or Tcha-tcha, or the Secret Societies, poetically referred to as Vodou of the Night. Additionally, McGee reiterates as noted above, that

“Rigaud 'found' elements of European magic, cabala, and freemasonry in Vodou - an association which acknowledged and also encouraged the growing coincidence, especially Port-au-Prince, between the Vodou priesthood and Masonic  membership.It also meant the increased use in Vodou of symbols from Masonry and the western magical tradition – influences that can be seen on the walls of Vodou temples in Port-au-Prince to this day. Maximilien's most significant work, Le Vodou Haiden, opens with a chapter entitled "Genese Vodouesque" ("Beginning of Vodou"). It begins, "Vodou is a religion constituted of various ancient rites, organically linked by metaphysical ideas, still alive in Haiti, bearing ancient traditions which can be illuminated by ancient texts concerning the Egyptian mysteries and even the works of Herodotus." He then goes on to cite Egyptian papyri,  Greco-Roman mystery traditions, hermeticism, Gnosticism, and the Bible to help explain the origins and the mysteries of Vodou. It is difficul to tell at times whether he is doing comparative work, or actually suggesting real connections between the traditions. In all likelihood,it is a distinction which he did not himself maintain. As with Rigaud, Maximilien's text was - and still is - read by Vodou clergy, who have (to varying degrees) been influenced by his "findings."  (McGee. 2008. Pg 37.)

What McGee and others such as Karen Richman have not taken into consideration when attributing the influence of associations with Classical, Biblical  references, Freemasonry, and  Egyptian symbolism to foreign academic observers is that there is good reason to assume that these influences in fact had their origins with an educated Haitian elite who had begun to dabble in the esoteric and Egyptian interests found in abundance among North American and French intellectuals and Freemasons of the late Victorian period.  The arrival of foreign academics such as Rigaud, Courlander, and others during the first American occupation of Haiti (1915-1934) served as the bridge between the interests of the Haitian Intellectual Elite, demonstrated in the works of Dr. Arthur W. Holly, a self proclaimed ésotériste and an important contributor to the Ethnological Movement in Haiti, and the general populace whose vibrant practice of traditional religion of African origins provided a welcoming environment ready to absorb and embrace both Masonic practices and Egyptian influenced Western metaphysics.

Haiti however, is not the only Caribbean nation where such interactions took place. However, in certain regards it must be considered as of primary importance. Haiti holds a position as the first among many in all of Latin America, indeed all of the Americas. This is because it was the nation which staged the first successful revolt against colonial rule in Latin America to result in an independent nation. As a slave rebellion resulting in an independent modern state, one which went far further than the United States in its constitution, declaring all people, regardless of race or gender to be free citizens of a new republic, it represents a unique occurrence. It also served not merely as a symbolic role model for Latin American independence, but the New Haitian state gave active support to Simón José Antonio de la Santísima Trinidad Bolívar y Palacios, known to most North Americans simply as Simon Bolívar, in his efforts to gain independence for much of Latin America from Spain.

A former Haitian resident, considered heretical in North America for disagreements that occurred in US Freemasonry long after he had returned to live and ultimately die in poverty in France, Joseph Cerneau, raised the famed Liberator, Simón Bolívar to 33rd Degree in the Scottish Rite. That act along with his assistance in founding many Masonic obediences in Latin America, cemented Cerneau's reputation as the Father of Modern Freemasonry in Latin America, an honored reputation standing in stark contrast to the way in which his name is defamed in the United States. Due to the Haitian Revolution, Cerneau, like many French citizens of the former colony of Saint Domingue, resettled in Cuba, which was no further than 60 miles distant at some points, and which welcomed Haitian slaveowners and their slaves until in 1808  Napoleon invaded Spain.  Soon Cerneau established a lodge or according to some, lodges, in Cuba, but was forced to leave Cuba, as were many French because of the fear of Spanish authorities that the presence of French citizens, especially those who had formerly lived in Saint Domingue would incite slave rebellions in Cuba. In fact, their fears were warranted, and although Cerneau had no such involvements and was forced to migrate again, the ideas of the leaders of the Haitian Revolution, and their Masonic associations, were instrumental in several attempted revolts in Cuba during this period. 

What can be reasonably supposed, and this was echoed by John Yarker in The Arcane Schools,  is that after a second insurrection began in Saint Domingue, Cerneau fled to Cuba in 1802. Although the Spanish authorities formally banned all Masonic activity, Cerneau, like others continued to pursue Masonic objectives, and was forced to migrate once again, that time to New York.

“In the meanwhile the Grand Lodge of France was asserting itself, and as Henry Martin was proceeding to the West Indies he was appointed a Grand Inspector to supersede Morin, and Rituals, stamped, signed, and sealed, were ordered 17th August, 1766, to be prepared and handed to him. He laboured at the Consistory previously established by Morin, though little is recorded. He was succeeded in his office by Matthew Dupotet, with whom was the Frenchman Joseph Cerneau. In 1801 it is believed that Dupotet and German Hacquet had converted the Consistory of San Domingo into a S. G. C. of the 33rd Degree of the Scottish Rite. Towards the end of 1802 a second insurrection of the blacks occurred, and Cerneau fled to Cuba, and Hacquet to France by way of New York. Dupotet would seem to have appointed, 1st July, 1806, Joseph Cerneau, as Grand Inspector for Cuba. Hacquet revived the Rite in the Grand Orient of France in 1803, and Cerneau established a S.G.C. 33rd Degree in New York 22nd October, 1807[.]” (Yarker, 1909: 278-279.)

Although Cerneau appears himself to have had no direct involvement with insurrection, he is widely credited with having raised Simón Bolívar, the Liberator, to 33rd Degree, and this would have ultimately placed him at odds not only with Spain, but with the European colonial endeavor in general. Although there is no documentable evidence that Cerneau was directly involved in inciting slave rebellions, either in what was to become Haiti, indeed his departure from Haiti argues against this as well, or in Cuba, the Spanish authorities, who had long banned Freemasonry, also sought to remove the recently arrived French from Cuba. What exactly the characteristics which would exempt a French citizen from deportation, are disputable, being only vaguely referred to as only the naturalized French and those whose conduct was 'arranged to Spanish customs' were allowed to remain in Cuba, presumably either those who had sought Spanish citizenship or who were fluent in Spanish themselves, and had established politically advantageous friendships. Whatever the details, the Spanish authorities appeared to have reason to suspect that “French” slaves would instigate rebellion in Cuba, (Gabino La Rosa Corzo. Runaway Slave Settlements in Cuba: Resistance and Repression. Chapel Hill: UNC Press Books, 2003. P 114) and many French, Cerneau included, seemed to have failed to meet the cut. Cerneau soon relocated to New York.

If Cerneau was forced to leave Cuba, many black Haitians could not. The early 19th century saw several attempts at rebellion led by blacks apparently influenced by the Haitian model, including one led by José Antonio Aponte in 1812. Eventually, the revolution against Spain which succeeded briefly in giving Cuba freedom, before the United States established a military occupation of the island, was led by a diverse group of Cubans including those who were both black and Masons. Further, followers of Afro-Cuban religions assert that they were also intimately connected to African religious traditions extent in Cuba at that time. Far from being mere wishful thinking, no less a scholar than the “father of  Cuban Anthropology, Fernando Ortiz, has written on the topic, lending for all intents and purposes an indisputable authenticity to such claims. (Miller. 2000. 177)

When one looks to find a model that reflects Masonic influence in Afro-Cuban religious practices, one may be forgiven for looking first to the Male Secret Society of Abakuá, in so far as “they are also anticolonial, highly organized, exclusively male, secret, and uniquely costumed (Moore 162). While Abakuá ritual centers are frequently identified as “lodges” by outsiders, they themselves use several distinct terms,  calling their groups “tierras, juegos, partidos, potencias. Juegos, the word most commonly used, refers to a team or an aligned collective. Partido refers to a team or a political party. Potencia, meaning "potency"or "power," is reserved for the eldest and largest groups, some of which are almost 160 years old and include six hundred men.”(Millar. 165)  Abakuá appears to deserve their description as “African Masons,” they are most like Freemasonry in that they have well established offices called in Spanish Plazas and in Abakuá Obono. Obones each receive a muñon or staff which is prepared in special rituals, and each Obono has specific roles they are required to perform in ritual. The Abakuá also produce extensive written sets of regulations to which members are required to conform. Failure to adhere to these rules, most importantly that of secrecy can have serious consequences. As the Abakuá say, “Friendship is one thing, Abakuá another.” (Millar. 3)

If the outward appearance of Abakuá reminds one of Freemasonry, there are other Afro-Cuban traditions which contain other perhaps more significant similarities. It may be noted, although I have not seen this mentioned in any academic literature, that the ceremonial attire often used in La Regla de Ocha, what is commonly called “Santería” and which is of Yoruban (West African) origins, bears a striking similarity to the dramatic attire common in 19th Century Scottish Rite rituals. This is a subject that would be worthy of further investigation. However, the Afro-Cuban religious tradition which has perhaps been most influenced by Freemasonry is that Bantu or Congo derived religious practice known as Quimbisa or Kimbisa.  While tradition holds that Quimbisa is a traditional form of Congo Palo, and was uninfluenced by Christian traditions, in the mid 19th century, a Havana born Creole – a free black of mixed parentage, bearing a well known Haitian surname, Andrés Petit, founded what may well be considered the quintessential Afro-Cuban syncretic or mixed religion. This tradition, known as La Regla Quimbisa del Santo Cristo del Buen Viaje, was distinct for several reasons. First of all, it's origins can be documented to a single individual, and secondly that founder consciously combined elements from Catholicism, Kardecist Spiritism, Abakuá, by some it is asserted Santería and or Vodou, and most significantly for our purposes, Freemasonry. Petit was said to be a Tertiary of the Dominican Order, is documented as not only a high official of the Abakuá, but its most controversial one, as he is credited with having first introduced Mulattos and whites to the Abakuá. (Cabrera 1968.) Scholarship has since shown that there were already whites and Mulattos in Abakuá – Petit having been one of the latter, but he created a separate tierra for them. He was also supposedly a practitioner of either or both Santería and Vodou, and as the evidence demonstrates, although we have yet to find any Masonic records mentioning him, a Freemason. The latter is attested to by most modern Quimbiseros, many of whom are themselves Freemasons.

The initiation ritual for a new member of Quimbisa, contains many elements which would be familiar to any Mason in the world from their own initiation. These begin with the knock on the door of the Temple, an exchange to gain entry, the interrogation of the would be initiate, the vouchsafing that he is free, and present of his own volition, and he is required under oath to assume many of the same vows familiar to masonic orders. He is then led, blindfolded, barechested and barefoot to where he is to receive initiation, and has one of his pant legs rolled up. At the end of the ceremony he is required to identify certain ritual objects presented to him. (Cabrera. 1968 11-24) The ritual attire used in those Quimbisa temples which most strictly adhere to Petit's order, are similar in various regards to those of Freemasonry, and unlike other branches of Congo derived religions in Cuba, of which there are a variety of ramas, which we would call denominations suggest Masonic influences, including shirts with ritual embroidery and sashes with the all seeing eye in a triangle. (personal fieldwork observation). The titles of officials include Maestro (Master), Maestro Jubilado (Past Master), and Mayordomo (Steward). Muzio, in her biography of Andrés Petit – “Andrés Quimbisa” further calls attention to the injunction of all Quimbiseros to perform their services for charity, another reflection of Masonic influences and values incorporated into this tradition. (Muzio. 2001: 25)

Today in Cuba, Haiti, and among the religious communities of Afro-Caribbean origin in the United States, it is quite common to find members of all of these traditions, Las Reglas de Congo, La Regla Quimbisa, Ocha (santería) and Vodou to be also members of not only liberal masonic obediences, but also members of mainstream North American Freemasonry, although most of the latter are likely to refrain from divulging their religious affiliations to their lodges. In both Cuba and Haiti, many Masons holding high positions in the Grand Lodges or Grand Orients are frequently members of one or more Afro-Caribbean religious tradition. A recent Grand Commander of the Scottish Rite in Cuba, and current Grand Master of the Grand Lodge of Cuba (both of which are in Amity with the UGLE) is well known publicly as a Babalawo (Yoruban diviner), Abakuá and Palero,  Faustino Lázaro Cuesta Valdés. (Ballard. 2015).

While perhaps nowhere the intersection of Freemasonry and African derived religions is recognized in the person of such a high position within Freemasonry as in Cuba, in Brazil, such connections are none the less wide spread, and given the size of both the Afro-Brazilian religious communities and the extent of Freemasonry in Brazil, it is tempting to speculate, although there has been no data collected addressing the matter, that the numbers involved are much larger than elsewhere. From personal conversations I have had with individual followers of the Afro-Brazilian religions, most frequently that of Umbanda, a syncretistic and often highly eclectic Brazilian religion combining elements of African religions, Native American shamanism, Catholicism, Kardecist Spiritism, and various Western Esoteric practices including Freemasonry, I have been informed that many Umbandistas are also members of one or another of the many Masonic organizations found throughout the country. I don't doubt this extends to other Afro-Brazilian religions such as Candomblé, Xangô, Tambor de Mina, Batuque, and Omoloko, but since my direct experience lies mostly with Umbanda and Umbanda is the tradition of which most such interactions have been documented in print, I will limit my remarks to it.

Umbanda is unique among all Afro-diasporic religions, I feel confident in claiming, in that it has evolved most under the eye of the press. In fact, it may be fairly said to have coöpted the press in assisting in its evolution. Umbanda began to emerge from its predecessor named “Macumba” in the early years of the 20th century. The history in complex and hotly debated both by scholars and the faithful, who in many cases are one and the same, but suffice it to say that Umbanda was swift to utilize  political and institutional organization to aid in protecting itself from the hostility of a white government and middle and upperclass. In the process, it managed to coöpt both and gain many members of both the white middle class and the government sector. In doing so, Umbandistas, as they are called, utilized a growing press to publish an ever expanding literature concerning their religion. Since Umbanda is really an umbrella terms for many distinct smaller sects, by no means often in agreement with each other, the literature as it developed over time was far from monolithic, either in its voice, or in its approach. Over time, the movement became quite eclectic, borrowing from Western Esotericism, Freemasonry, Eastern Mysticism, and even more recently from American New Age fads.

Today in Umbanda, Masonic symbolism is widespread, both in its religious symbols, as well as in its adoption of elements such as Egyptian traditions and Hermeticism, and even Rosicrucianism. I have even seen altars which are designed in the form of an eye in a triangle, and which utilize the layout of a Masonic lodge. It is worth noting in relation to this blatent eclecticism, that Brazil is home to the widest range of Masonic rites, most of them recognized as being used by regular obediences in amity with the UGLE, in contrast to the situation in Haiti, which of course has been more influenced by French Freemasonry, than anywhere else in the world. Today in Brazil, in addition to the variety of rites common to the United States, the French Rite (with higher orders of Wisdom) is practiced as well as Adomhiramite, Schroeder, Memphis Misraim, and one unique to Brazil, the Brazilian Rite. (“Brazil: A Cornucopia of Masonic Diversity on "http://hedgemason.blogspot.com.br/2012/04/brazil-cornucopia-of-masonic-diversity.html Thursday, April 5, 2012)

In summarizing the interactions which Freemasonry and Afro-diasporic religious and ritual traditions have had, it is important not to essentialize their character, nor to assume, based upon cultural bias that they represent a unidirectional influence. Indeed, they are far from that. It is true that African derived religions in Haiti, Cuba, and Brazil have adopted visual and ritual elements from Freemasonry. However, in the case of Haiti, Freemason rituals have been documented as having adopted influences from Vodou, while in Cuba, publicly recognized leaders of Afro-Cuban religions have achieved the highest ranks in both the Scottish Rite and in Blue Lodge Masonry on the national stage, reflecting the fact that Afro-Cuban religions are generally respected both within the Masonic community and the wider public. While the connection between Freemasonry and Afro-Brazilian religions may not take as public a stance within Freemasonry in Brazil, it doubtlessly comprises a larger demographic than in Cuba or Haiti, and as in Cuba, people are not especially secretive about their involvement in both.

This brief paper only attempts to highlight the interaction and connections which exist between the traditions of European derived Freemasonry and African derived religious and ritual practices. It is a subject, which although touched upon in the past by scholars such as Courlander, Metreux, Cabrera, and Cosentino, deserves much deeper exploration. It offers material to historians, anthropologists, folklorists, scholars concerned with ritual and religious studies, as well as those interested in the history and influence of fraternalism and Freemasonry.

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